SAMEDI 29 DÉCEMBRE 2007
Charlotte reçoit la visite de Mémé, mamy Janine, tata Nelly, Norah et Enza....papy etait dejà à la maison pour les travaux du nouvel appartement!
LUNDI 24 DÉCEMBRE 2007
LUNDI 3 DÉCEMBRE 2007
SAMEDI 1ER DÉCEMBRE ET DIMANCHE 2 DECEMBRE 2007
SAMEDI 1ER DÉCEMBRE 2007
MARDI 27 NOVEMBRE 2007
Bon alors les jours suivants ont été très difficiles pour maman...les suites de la cesa...
Il est donc préférable de se souvenir de Charlotte et de son regard bouleversant!
MARDI 27 NOVEMBRE 2007
Charlotte a 3 heures
Elle pèse 3,620 kg et mesure 51 cm
firmaman1 par Christelle_Garon
Mardi 27 novembre 2007.
Vendredi 16 novembre 2007
Le jour de la visite du 9ème mois.
Nous y allons tranquilles puisque tout va très bien, on
envisage même d'aller ensuite voir ma collègue Sylvie qui vient d'accoucher.
Je m'épate d'être à ce point en forme à ce stade de ma grossesse et pourtant je n'ai pas été épargnée!!!
Lors de l'examen, le Dr Plihon apparait illico soucieux.
Il nous emmène en salle d'échographie et nous annonce que bébé est en siège.
Plus précisément en siège complet: il est assis en tailleur sur le col et sa tête est coincée dans mes côtes.
En une seconde je comprends que je n'accoucherais pas par voie basse.
Je pleure.
Comment bébé a t-il pu faire une pirouette sans que je m'en rende compte? Car ce retournement semble très récent.
Le médecin propose que nous tentions une version manuelle rapidement,
c'est à dire forcer un peu bébé à se retourner. Cet acte médical me dit
quelque chose, j'en ai déjà entendu parler, pas trop en bien je crois.
Ce soir là, finalement, nous n'irons pas voir Sylvie.
A la place je passe ma soirée, à glaner des infos,
plus ou moins bidons, sur les diverses techniques visant à faire se
retourner un bébé farceur.
Je m'informe aussi, via internet, encore et toujours, sur la "version",
et c'est bien ce qui me semblait c'est une épreuve pour les mamans et ce
geste est souvent voué à l'échec, surtout à mon stade.
Alors je tente des acrobaties, le pont indien, à 4 pattes, je m'acharne, je m'énerve, je me fais mal...en vain!
Pas facile.
Dernières photos:
Lundi 19 Novembre 2007
Je décroche un rendez vous avec une sage femme-acupuncteur.
L'accueil est plutôt loufoque !
Ses aiguilles et son armoise
brulée sous mes orteils n'y feront rien!
Le soir même, je décide de lâcher prise.
Si bébé est installé ainsi, il doit avoir de bonnes raisons.
On tente la version mais on forcera pas...
Je flippe quand même à l'idée d'une césarienne.
Mardi 20 novembre 2007
Rendez vous à la maternité.
Monitoring, tension, etc...
On me perfuse durant 3/4 d'heure un produit censé assouplir mon
utérus en béton, l'effet est atroce: je tremble, je palpite, je pleure,
j'ai chaud...
Dr Plihon arrive et on se lance.
Il appuie de toutes ses forces sur mon ventre et je souffre terriblement.
Je crie, je dis non, NON, STOP!
Moon petit bébé, j'ai peur qu'on lui fasse mal, je veux qu'on arrête.
Ça ne marche pas, on arrête tout et on fiche la paix à mon bébé.
Il se retournera si il le veut et sinon, ça sera une césarienne programmée.
Et c'est bien comme ça.
On fixe la date avec le médecin, mardi prochain, le 27 novembre...quoi déjà?
Mon bébé va naitre en fonction de l'emploi du temps d'un médecin.
C'est rapide car on ne doit plus trainer.
En effet il ne faut surtout pas que le travail se déclenche afin
d'éviter une césarienne en urgence ou un accouchement voix base compliqué et risqué pour bébé et moi.
Avec Thierry on se dit que l'on va garder la date surprise pour nos proches.
Ohlala.
On va m'ouvrir le ventre pour en arracher mon bébé qui s'y trouve si bien au chaud.
Sera t-il prêt?
N'allons nous pas le brusquer?
Quelle brutalité pour mon si petit bébé d'amour...
Je pleure pas mal, Thierry est inquiet lui aussi.
Et une anesthésie, et si ... et si ...
Ce n'est pas simple à gérer..
La raison et la peur ne vont pas bien ensemble.
Quelle drôle de grossesse!!!!
Le reste de la semaine sera consacrée à ma préparation mentale de ce moment que va être la rencontre avec mon bébé, mon enfant.
La sagesse me gagne, petit à petit.
Je me raisonne et parviens à me convaincre qu'il n'existe, de toute façon, aucune autre solution.
Bébé ne se retournera plus désormais.
Je sens sa tête sous mes côtes, un peu coincée.
Je sens ses petits pieds sur mon col.
Je sens ses petits coups frénétiques et ses envies de pirouettes empêchées par le manque de place.
Je sens qu'on doit venir le chercher.
Je lui parle, je lui explique ce qui va se passer.
Lundi 26 novembre 2007
Je dois rentrer à la mater à 17 heures.
Thierry va rentrer tôt du travail. Pour détendre l'atmosphère je lui passe
un coup de fil dans l'après midi pour faire "comme si que j'ai des
contractions et qu'on partirait à la mater pour que j'accouche...."
Comment expliquer ce mélange ambivalent d'émotions si contraires: le
bonheur de rencontrer mon bébé et l'angoisse de cette césarienne.
Ça se percute là haut, je devrais être simplement béatement heureuse .
Nous préparons les sacs.
Nous parlons très peu.
Je réalise que nous ne partirons pas en catastrophe à la mater, que je ne réveillerais jamais Thierry au milieu de la nuit en disant:
"je crois que c'est le moment...!"
Je ne perdrais pas les eaux, je n'aurais pas de contractions, je n'en ai pas eu une seule, pas même une toute petite!!! Je ne sais pas à quoi ça ressemble!
Arrivés à la mater, on nous emmène directement dans une chambre seule.
Elle est pas mal: spacieuse, grande baie vitrée sur une colline de verdure, et surtout plan à langer et baignoire.
Au moins j'assisterai au 1er bain de mon bébé.
L'accueil est sympathique et doux, on essaie de consoler mon apparente sensibilité.
On fait une écho, mais moi je sais que bébé a toujours la tête en haut.
Dr Plihon passe me voir, me rassure un peu.
Thierry voudrait rester mais on nous informe que pour différentes raisons, les accompagnants ne sont désormais autorisés à rester qu'exceptionnellement.
Le plus sage sera donc que Thierry reste la nuit prochaine..après la césa..quand bébé sera là.
Je prends cette douche puante à la bétadine et j'ai l'autorisation d'épargner mes cheveux.
Ces tous petits détails!!!
On reste tous les deux, on prend les toutes dernières photos de mon joli ventre.
Mardi 27 novembre 2007
Thierry arrive très tôt.
Je ne dois rien manger.
Je tremble,j'ai la mâchoire serrée et un gout métallique dans la bouche.
Et la nausée bien entendu, jusqu'au bout les nausées!!!!
Une autre douche à la bétadine.
On attend, encore...et encore...
Puis à 9 heures une sage femme vient nous chercher pour partir au bloc. Je dois m'assoir dans un fauteuil roulant.
Je n'entends et ne comprends pas tout de ce qui se passe... je stresse...
Une infirmière se présente, c'est l'infirmière du bloc.
Et une sage femme, Marion, je me souviens d'elle car elle était présente lors de la version, aujourd'hui elle est toute douce avec moi.
On nous montre les différents endroits: le bloc, la salle des soins de bébé...
On emmène Thierry pour qu'il se déguise!
Puis on nous installe dans la salle de réveil, tous les deux.
Nous devons attendre car l'anesthésiste est sur une urgence.
L'équipe est formée à l'hypnose et à la sophro, on nous encourage à nous remémorer de doux souvenirs...on pense à nos vacances, au Verdon...
Et je pleure encore, toujours...je ne savais pas que je pouvais autant pleurer!
Cette attente est très longue, il est déjà 10h15 et l'intervention devait avoir lieu à 9 heures.
"Allez, on y va!!!"
Cette fois, c'est parti!
L'infirmière m'emmène au bloc, il y fait frais. Je dois m'allonger sur la table métallique rigide et glacée, elle me réchauffe avec un soufflet d'air chaud.
Je grelotte...
Elle me pose des capteurs sur le torse en expliquant minutieusement chacun de ses gestes.
C'est impressionnant.
Elle me pose la perf' sur le bras gauche, je commets la fatale erreur de jeter un coup d'œil, ooooh ça tourne...
Elle prépare les ustensiles en papotant avec moi.
Puis elle met le cd, des musiques choisies qui me chamboulent, me touchent, me réchauffent.
Le docteur Bernard, l'anesthésiste, arrive enfin.
Immédiatement je le ressens positivement cet homme, il est doux, chaleureux, gentil et apaisant.
Il m'explique chacun de ses gestes, puis me parle de choses et d'autres, il m'emmène ailleurs, me fait parler de Thierry, de nos vacances, de notre rencontre, des morceaux de musique que l'on entend.
Il m'explique ce qu'il va faire, ce qu'il fait.
Il plaisante avec l'infirmière. Sa bonne humeur est contagieuse, je ris entre deux sanglots.
Ils me font m'assoir sur la table glacée, je suis assise face à l'infirmière, Dr Bernard est assis dans mon dos.
Je tourne la tête et je vois Thierry, à travers la porte vitrée du bloc.
L'anesthésiste me touche le dos, je me concentre, je sens du froid: la bétadine? Puis un petit pic, ça doit être une petite m'anesthésie avant de faire la rachi...
Il me parle, me demande la couleur des yeux de l'infirmière, me demande où nous sommes allés en vacances, je réponds que nous avons un camion et que nous partons "au gré du vent", il me demande, tout en appuyant dans mon dos: "comment écrivez vous au gré du vent? VENT ou VAN?"
Il m'a déstabilisé et je comprends que ça y est c'est fait!
Je suis partiellement anesthésiée!
On m'allonge.
Juste avant je retourne la tête et j'aperçois Dr Plihon habillé en vert, il se lave les mains, ça ne va pas tarder.
Il papote avec Thierry.
Là, en position allongée je traverse quelques longes secondes très désagréables, mes jambes chauffent, brulent, s'engourdissent, je ne les contrôle plus, puis je me sens mal, j'étouffe, je ne peux plus respirer...je panique!
"C'est normal, ne vous inquietez pas, respirez calmement", on me répond en douceur, c'est l'anesthésie qui prend, ça ne va pas durer.
Et c'est vrai ça passe, doucement, la vilaine sensation s'éloigne.
Je suis lourde.
Je fais un essai: bouger l'orteil...j'ai dit bouger l'orteil...pas moyen...!
Dr Bernard ne me lâche pas une seconde, il me parle, me fait parler de toi mon petit bébé. Il sèche mes larmes qui coulent...encore et encore...je ne suis pas triste, je suis émue.
Il me demande si bébé est un garçon ou une fille et son prénom, je dis qu'on garde tout secret Je raconte que même cette date est restée secrète et il trouve ça génial...il en fait des tonnes, mais ça me va...
Marion arrive et installe le champ opératoire, le grand drap qui séparera mon ventre et ma tête.
et déjà, je sens qu'on me touche, étrange sensations.
Je supplie tout le monde de vérifier que l'anesthésie a bien pris (j'ai lu trop de trucs affreux sur internet).
Dr Plihon arrive, je lui redis la même chose, bien entendu, ça le fait rire lui...mais il rigole tout le temps!
Nous y sommes, je vais rencontrer mon bébé...enfin...ou déjà...
Thierry entre dans la piece, avec l'appareil numérique. Il me parait serein. Il s'installe à gauche de ma tête.
Je lui demande 1000 fois: "ça va toi?"
"tu ne lâches pas bébé une seconde, tu le suis dès qu'il arrive, hein? ok?" je répète, je radote.
On me tripote toujours le ventre...c'est long. Faudrait qu'ils ouvrent là peut être?
Dr Bernard s'installe à côté de moi et me dit:
"Bon, il faut que je vous explique comment ça va se passer...alors d'abord, on va vous couvrir de bétadine et blablabla et blablabla"
Soudain je comprends, il m'a encore eu!
"mon ventre est ouvert là?"
"ah oui, ça fait un moment!"
Ohlala...
ohlalalala...
Mon ventre est ouvert! L'idée me ferait facilement tourner de l'œil, je ne supporte pas une simple prise de sang!
Mais trop anesthésiée je ne ressens plus grand chose, je me sens même un peu shootée.
J'ai envie de rigoler, d'ailleurs je rigole!
Je comprendrais plus tard que j'ai droit à mon petit shoot de gaz !!!
Je ressens tout sans la moindre douleur, comme c'est bizarre...
Le Dr Bernard me dit:
"Quand je vous dirais, vous soufflerez très fort, comme si vous alliez pousser...ben oui, vous êtes en train d'accoucher!!!"
Il me fait signe, alors je souffle, et j'inspire et je souffle et mon ventre est aspiré fortement et...et...et... ça tire fort et j'ai l'impression qu'on me soulève, je respire, je souffle je respire et...
...
Le petit cri!!!
Mon bébé...
Dr Plihon: "Vite, vous me l'emmenez pour l'aspirer..."
Marion me montre mon bébé, je le vois une demi seconde, mais je n'oublierais jamais cette demi seconde.
Gravée.
"Thierry, va, reste avec lui...file!!! Qu'est ce qui se passe, y a un problème?"
"Non c'est juste que votre bébé est un peu encombré, c'est normal quand ils naissent par césarienne, mais il va très bien..."
Je demande:
"c'est bien une FILLE?"
"Oui!"
Je crie :
"Elle s'appelle CHARLOTTE!"
Tout le monde sourit, me sourit!
Cette fois je l'entends, elle crie..."mon bébé, mon bébé" je répète, oh comme j'aime son cri, jene peux pas la voir...mais je l'entends.
Je l'écoute.
Dr Bernard file voir ce qui se passe..
Au bout d'un long moment, Thierry revient, talonné par l'anesthésiste, qui s'est emparé de l'appareil photo pour quelques instants.
Elle est dans ses bras, maladroits et tremblants, il sourit béatement, elle est là, blottie...je la vois enfin.
"Elle est belle! Mon bébé! Mon bébé! Elle est belle!"
Une bombe a explosé en moi à cet instant.
Je n'y croyais pas et je trouvais tous ces discours sur l'instant magique de la rencontre avec bébé assez exagéré!
Oui sauf que je l'ai vécu...une bombe, il n'y a pas d'autres mots pour imager ce qui s'est passé.
De l'amour s'est infiltré en moi d'une puissance méconnue.
Un fluide s'est répandu dans tout mon corps, une chaleur qui je le sais, ne me quittera plus jamais.
C'est énorme. C'est puissant. C'est infini.
Je ne pleure plus, c'est bien plus que des larmes, bien plus qu'une émotion, tout s'est arrêté.
Thierry dit:
"Regarde c'est ta maman!"
Oui je suis sa maman et elle est ma fille, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.
Tu es son papa.
Nous sommes ses parents.
Elle est notre fille.
Le Dr Bernard me dit:
"Bah alors vous ne pleurez plus, vous voyez votre bébé et vous ne pleurez plus, c'est pas celle que j'ai connu ça!"
C'est vrai, c'est parce que c'est autre chose, mon émotion est paralysante, statique, plus rien ne bouge...
Je suis en train de vivre ma minute d'éternité.
J'ai envie de la toucher, la respirer, la caresser...mais je dois attendre.
C'est Thierry qui aura ce privilège, désolation de la césarienne, le peau à peau maman-bébé est retardé!
Deux petites jeunes filles en stage m'observent derrière la porte vitrée du bloc, elles sont mignonnes et ont l'air toutes émues! A priori elles ont suivi tout mon accouchement.
Je leur dis de rentrer mais elles n'ont pas le droit.
Quelques jours plus tard, ces deux jeunes filles m'viendront dans ma chambre pour m’offrir une petite viennoiserie, car, selon leurs mots, elles ont été très émues par ce moment superbe que fut la naissance de mon bébé.
Thierry doit repartir avec elle, ma fille, Charlotte, je vais bientôt les rejoindre. Mais avant on me "termine"!
"Dr Plihon, vous me faites une jolie couture hein? Je compte porter de nouveau mes bikinis" "Certainement pas, je vous laisse ouverte, allez j'y vais!"
Et vraiment, il s'en va, mais en fait c'est parce que c'est quasi fini.
Je saurais après qu'il est allé voir Charlotte.
C'est fini.
C'est fait.
Ça y est.
J'ai accouché, et c'était un bien joli accouchement!
Quel joli cadeau de m'avoir fait pousser "comme si"...merci!
Merci à cette équipe incroyable! merci pour la magie!
Mon bébé est né, aujourd'hui Mardi 27 Novembre 2007 à 11h14 (l'état civil dira 11h15).
Charlotte Creff, mon enfant, ma fille, est née.
Je suis maman.
Je suis maman.
Je suis maman.
C'est dingue...
